Le 8 mars, la Suisse se prononce notamment sur l’imposition des couples mariés et l’avenir de l’audiovisuel public.

Ce que la SSR doit faire ou ne pas faire fait actuellement débat. (Keystone-ATS)
Quatre objets seront soumis au vote le 8 mars. Le débat le plus émotionnel porte sur l’initiative populaire «200 francs, ça suffit! (initiative SSR)», qui vise à plafonner à 200 francs par an la redevance de radio-télévision pour les ménages privés et à exonérer les entreprises de toute contribution. Les initiants mettent en avant l’allègement financier pour les particuliers et les acteurs économiques. Ils estiment en outre que la Société suisse de radiodiffusion et télévision dépasse son mandat de service public et concurrence les fournisseurs privés. L’acceptation de l’initiative est également soutenue par la faîtière Gastrosuisse, qui appelle à supprimer la double charge pesant sur les entreprises.
La branche n’est toutefois pas unanime. «La SSR apporte une contribution importante au tourisme suisse», écrit Hotelleriesuisse. L’institution rend compte des évolutions, des succès et des défis de l’hébergement, tandis que la retransmission d’événements sportifs diffuse des images fortes de la Suisse en Suisse comme à l’étranger. Une réduction de moitié des moyens affaiblirait en particulier la couverture des régions de montagne et périphériques. «Certains établissements bénéficieraient certes d’une exonération, mais les effets négatifs qui en découleraient ne seraient pas compensés», souligne le directeur Christian Hürlimann. La Fédération suisse du tourisme partage cette analyse et voit dans l’initiative SSR une perte de visibilité pour les régions touristiques.
Les positions divergent aussi au sujet de la loi fédérale sur l’imposition individuelle. Le projet prévoit d’imposer de manière identique couples mariés et non mariés: chaque personne serait taxée séparément sur son revenu et sa fortune, selon un barème unique. Afin d’éviter une charge excessive pour les familles avec enfants et les parents seuls, la déduction pour enfants dans l’impôt fédéral direct serait relevée. Un référendum a toutefois abouti contre la loi. Ses opposants estiment que les couples à revenu unique seraient pénalisés, tandis que les ménages à deux revenus élevés en profiteraient. Plusieurs cantons avertissent en outre que l’administration devrait traiter environ 1,7 million de déclarations supplémentaires. Gastrosuisse figure parmi les opposants, jugeant que la réforme supprime la pénalisation du mariage mais crée de nouvelles inégalités: «Un rejet ouvrirait la voie à un modèle plus avantageux et moins bureaucratique.» A l’inverse, Hotelleriesuisse soutient la loi: «L’imposition individuelle crée des incitations à l’emploi, en particulier pour les femmes, et conduit à un système plus clair et plus équitable.» Un revenu supplémentaire dans les ménages à deux actifs redeviendrait ainsi plus attractif, ce qui pourrait contribuer à atténuer la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
Un consensus plus large se dégage autour de l’initiative pour un fonds climat. Celle-ci demande que la Confédération alimente un fonds à hauteur de 0,5 à 1% de la performance économique annuelle afin de lutter contre le changement climatique et ses conséquences. La Fédération suisse du tourisme indique soutenir l’objectif de zéro net, tout en rejetant la création d’un fonds supplémentaire en raison d’un financement jugé incertain et du risque de charges accrues pour les entreprises touristiques. Les associations Gastrosuisse et Hotelleriesuisse partagent cette position. Cette dernière privilégie les cadres existants et les programmes d’encouragement cantonaux éprouvés, qui offrent aux entreprises sécurité de planification et marges de manœuvre.
(agu/pcl)