Champagne Sunday: un manifeste pétillant à Lausanne

Au Beau-Rivage Palace, un nouvel événement entend célébrer, dimanche 8 mars, le champagne comme un vin à part entière, en présence de nombreux producteurs.

Une huitantaine de cuvées sont à déguster dimanche dans le cadre de la première édition du Champagne Sunday.

A l’autre bout du fil, il s’excuse presque de parler anglais. «Nous en aurions pour des heures avec mon français», sourit Marc Checkley, coorganisateur de l’événement qui se tient pour la première fois dimanche 8 mars au Beau-Rivage Palace. Et c’est vrai qu’il a beaucoup à dire, et une passion communicative, au sujet de ce vin qu’il refuse de cantonner à l’apéritif, ni même d’isoler des autres vins, tant sa richesse aromatique et la diversité de ses interprétations sont vastes.

Avec Peter Jauch et Dustin Salvisberg, Marc Checkley lance Champagne Sunday, un rendez-vous qui se rêve annuel et dont l’intérêt est de réunir en un lieu unique plusieurs dizaines de producteurs. Le format se veut immersif. Deux sessions (la première de 11h à 14h, la seconde de 15h à 18h) accueilleront chacune un maximum de 200 personnes. Plus de 80 cuvées seront présentées, aussi bien par des grandes maisons que des vignerons indépendants et des récoltants-manipulants. Tous ont un point commun: les trois organisateurs les connaissent personnellement. «Nous avons visité ces domaines, travaillé avec eux. Ce lien direct personnel est essentiel à nos yeux, car nous voulons partager cette relation avec nos hôtes.»

L'expression d'un terroir

Pour le Néo-Zélandais établi en Suisse, suffisamment à l’aise avec la langue de Molière pour l'utiliser lors de ses échanges avec les producteurs, l’événement a aussi une dimension pédagogique. «Beaucoup considèrent encore le champagne comme un simple prélude au repas», constate celui qui est également juge pour le Mondial de Bruxelles dans la catégorie des vins effervescents. «Or, le champagne est d’abord un vin. Il accompagne avantageusement un plat ou un menu, on y cherche l’expression d’un terroir. La seconde fermentation en bouteille apporte l’effervescence, mais elle ne saurait résumer l’expérience.» Cette conviction se traduit par une verrerie spécifique: les cuvées seront servies dans des verres à vin, voire de type bourgogne. «L’expression aromatique y gagne en profondeur, et, surtout, l’expérience devient plus intime», souligne-t-il.

A l’entrée du salon, les visiteurs seront orientés selon leurs préférences. L’idée est de savoir d’emblée s’ils ont des maisons de champagne préférées, s’ils aiment les blancs de blancs minéraux ou les cuvées plus vineuses. Sur la base de leurs réponses, un parcours pourra être suggéré. Et quand on lui demande vers quels vins il irait naturellement, Marc Checkley lâche deux noms. D’abord, il cite Dehours & Fils, dont les champagnes, dit-il, «appellent la table», puis il mentionne Legras & Haas, une maison réputée pour ses chardonnays grand cru et ses cuvées en zéro dosage, droites et ciselées. «Ce sont des vins que l’on a envie de manger», dit-il, fidèle à son attachement aux accords mets-vins. Un carnet de dégustation accompagnera les participants, à qui seront servies des bouchées salées et sucrées.

Les billets sont en vente en ligne jusqu'au 7 mars à 18h, ou directement au Beau-Rivage Palace de Lausanne le jour de la manifestation.

(Patrick Claudet)


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