Avec son nouveau trimestriel, Siméon Calame fait le pari du temps long pour raconter la gastronomie romande autrement.

Le lancement du premier numéro s’est accompagné d’un «Festin» à l’Auberge de l’Abbaye de Montheron. (Timothée Calame)
On avait l’habitude de le croiser lors de conférences de presse ou d’événements réunissant les journalistes de la branche. On le lisait aussi souvent à l’époque où il chroniquait la vie culinaire romande pour une plateforme qu’on ne présente plus. On se souvient encore de la préparation et de la sortie de son ouvrage coécrit avec Virginie Gerhard, paru chez Slatkine et dédié à la pâtisserie, le domaine dans lequel il s’est formé avant de se tourner vers l’écriture. Aujourd’hui, on le retrouve dans un tout nouveau rôle, dont il semble découvrir chaque jour de nouvelles facettes, réalisant peut-être progressivement l’ampleur du défi qu’il s’est lancé quand il a décidé de créer le magazine trimestriel Millefeuille. La preuve: lui qui avait l’habitude d’écrire se retrouve davantage dans le rôle d’un chef d’orchestre, à jongler entre les reportages, les partenariats, les événements, le site internet, la maquette ou encore la distribution. «Il y a tout à faire», résume celui qui fait en outre le pari du papier, avec l’ambition de créer un magazine que l’on conserve, que l’on feuillette à son rythme et auquel on revient bien après sa sortie. «L’idée, c’est de miser, dans tous les sens du terme, sur le temps long.»

Avec le magazine Millefeuille, Siméon Calame entend créer des passerelles entre les artisans et les lecteurs romands.
Le premier numéro est à peine sorti que le deuxième est déjà en préparation. Avec une ligne éditoriale qui se confirme: pas question de se limiter aux grandes tables, l’approche étant volontairement large, avec une attention particulière portée aux producteurs, aux artisans et aux petits établissements. «L’objectif est aussi de sortir de l’Arc lémanique et d’aller voir ce qui se passe ailleurs.» En ligne de mire, des cantons comme le Jura, Fribourg, Neuchâtel ou le Valais, dont la gastronomie mérite d’être racontée. «Il y a partout des pépites. Encore faut-il prendre le temps d’aller les découvrir.»
Cette volonté d’explorer la Suisse romande dans toute sa diversité se traduit par un sommaire pour le moins éclectique. Dans sa première livraison figurent notamment l’Abbaye de Montheron, le Duo Créatif, Alessandro Cogoni et Pierre Crepaud. L’exploration de plusieurs genres journalistiques (portraits, reportages, recettes, etc.) esquisse un portrait très personnel de l’univers culinaire romand, le tout rehaussé par une maquette élégante qui fait la part belle aux photos. «Je voulais une sorte de mélange entre Gault & Millau et Terre & Nature.»
Côté distribution, Siméon Calame table sur les abonnements, auxquels plusieurs centaines de lecteurs ont déjà souscrit, et sur un réseau de points de vente appelé à se développer au fil des mois.
Siméon Came, Journaliste
Le vernissage du premier numéro, lui, s’est déroulé dans le cadre d’un premier «Festin», un rendez-vous d’un genre nouveau dont la première édition a été organisée à l’Auberge de l’Abbaye de Montheron. Ce repas dominical en quatre plats avec accords mets-vins réunissait les artisans Alba Farnós Viñals, Patrick Bovon, Alessandro Cogoni et Elodie Kuntzer, tous présents dans les pages du magazine. «C’est une façon de prolonger l’expérience éditoriale autour d’une table et de permettre la rencontre entre les lecteurs et les artisans de la gastronomie romande», conclut Siméon Calame.
(Patrick Claudet)