Les apprentis cuisiniers de troisième année du CPNE ont présenté leur vision de l’hôtellerierestauration de demain lors d’un salon.

L’avenir de la restauration a été envisagé sous différents angles par les apprentis. (DR)
C’est le fruit de cinq semaines de travail que la relève neuchâteloise a présenté début février dans le cadre d’un Salon de la restauration du futur organisé dans l’enceinte du Centre de formation professionnelle neuchâtelois (CPNE). Mené conjointement par les filières de l’enseignement professionnel et de culture générale, le projet a permis aux apprentis cuisiniers CFC de troisième année de réfléchir à leur avenir ainsi qu’à celui de la branche. «Chaque groupe s’est constitué lui-même, recrutant ses membres et définissant ses propres modalités de collaboration. Au fil du processus, divers experts sont intervenus, ce qui a permis aux jeunes professionnels de confronter leur vision du monde du travail de demain à un regard extérieur. Chacun devait aussi concocter un amusebouche illustrant le concept», explique Sylvain Paratte, coordinateur de la filière cuisine et enseignant au sein du Pôle Artisanat et Services du CPNE. Le résultat? Assez bluffant. Le jour J, la foule était au rendez-vous au centre de la Maladière, avec, dans le public, un mélange d’apprentis et de professeurs, sans oublier un jury chargé d’évaluer à la fois la pertinence du concept présenté et l’aisance avec laquelle il était communiqué. Six projets étaient soumis à son appréciation.
Au stand 1, «Retour vers le futur» a d’emblée posé le décor: les apprentis ont défendu un modèle misant sur l’IA pour gérer les réservations et les stocks, mais pas au détriment de l’humain. Le volet technologique s’est doublé d’une exploration historique du concept même des pratiques alimentaires. Au stand 2, «Dîner en streaming» a déplacé le restaurant à domicile grâce à des box inspirées de films: l’utilisateur choisit un long-métrage en même temps que son menu, avant de recevoir des produits à cuisinier en duo ou en famille, tutoriels à l’appui. Puis «Horizons», au stand 3, a proposé un voyage immersif renouvelé tous les trois mois, sous la forme d’un pop-up destiné à offrir un voyage sensoriel thématique sans devoir forcément prendre l’avion.
Le ton s’est fait plus engagé avec «APAR» (stand 4), une association visant à protéger les apprentis par la médiation et à promouvoir une vision moderne de la formation. En plus de l’identité visuelle, les apprentis ont conçu des vidéos recueillant les témoignages réels d’apprentis. Au stand 5, «Le futur c’est le passé» a plaidé pour une déconnexion assumée, illustrant la volonté de revenir à l’essentiel via la consignation des téléphones, une grande table commune et un menu mensuel exclusivement local. Enfin, «Le meilleur est à venir» (stand 6) a défendu un modèle végétarien fondé sur les circuits courts et les énergies renouvelables.
(Patrick Claudet)