La vallée du Douro est classée comme paysage viticole au Patrimoine mondial de l’Unesco.
Entre l’Espagne, où, sous le nom de Duero, il traverse deux régions viticoles, la Ribera et la Rueda, et son embouchure sur l’Atlantique au large de Porto, le Douro creuse une profonde vallée. Couverte de vignes jusqu’à ses sommets (de 200 à 700 mètres d’altitude), elle est classée comme paysage viticole au Patrimoine mondial de l’Unesco et partage, avec le Tokay hongrois et le Chianti toscan, le privilège d’avoir été, dès 1756, une des premières appellations d’origine contrôlée au monde. Traditionnellement, tiré des ceps plantés en terrasses sur 33 000 hectares, on y élabore le plus prestigieux des vins mutés, le porto, dans deux styles, frais (ruby, LBV et vintage) ou longuement vieilli en fûts (tawny, 20, 30 ou 40 ans d’âge, colheita, soit d’une seule année).
Depuis une vingtaine d’années, ce qui était une exception, l’élaboration d’un vin rouge sec est devenu courant. Plusieurs domaines proposent de grands vins rouges, reconnus tant sur la scène portugaise qu’internationale. Tel est le cas de la Quinta de Roriz, avec sa cuvée Chryseia. Elle doit (presque) tout à l’œnologue Bruno Prats, ancien propriétaire du Château Cos d’Estournel, à Saint-Estèphe (Bordeaux). Il a racheté, modernisé et agrandi ce beau domaine, avec la famille Symington. Derrière ce nom d’origine écossaise, mais établi depuis la fin du 18e siècle à Porto, se cachent neuf marques prestigieuses de porto, Graham’s, Dow’s, Warre’s et Cockburn’s, en tête.
Le groupe, toujours en mains familiales, est propriétaire de plus de 1000 hectares de vignes (1006 exactement!), répartis sur 27 domaines. A l’invitation de Bruno Prats, président de l’Académie internationale du vin, à Genève, notre spécialiste en vins Pierre Thomas s’est rendu sur place, à la Quinta de Roriz.