Turin, capitale de la gastronomie

Vainqueur de la Sélection suisse du Bocuse d’Or en janvier, Mario Garcia entrera en lice le 11 juin prochain lors de la finale européenne à Turin.

  • Capitale du Piémont, Turin accueillera les 11 et 12 juin prochains le Bocuse d’Or Europe – une première pour une ville de l’Europe du Sud. (Manuel Reinhard, Unsplash)
  • Grace à sa victoire en suisse, marcio garcia peut participer au final européenne. (DR)

Après les sélections nationales, place à la finale européenne. Les 11 et 12 juin, vingt candidats titrés dans leur pays respectif se retrouveront à Turin pour tenter de décrocher l’un des dix tickets pour la finale du Bocuse d’Or qui se tiendra à Lyon en janvier 2019. Pour la première fois de l’histoire du concours, c’est un pays de l’Europe du Sud qui accueillera le prestigieux événement, succédant à la Norvège, la Suisse, la Belgique, la Suède et la Hongrie. De l’avis des experts, cette finale continentale – qui intervient à la suite des épreuves qualificatives des Amériques intervenue au Mexique et d’Asie-Pacifique en Chine – est sinon la plus attendue, du moins la plus disputée d’entre toutes. Qu’on en juge: durant deux jours se mesureront lors du Gourmet Expoforum les représentants de plusieurs des nations traditionnellement favorites, dont la France, les pays scandinaves et la Hongrie (tenante du titre à l’échelle européenne). Sans oublier l’Italie, dont le candidat tentera à coup sûr de réaliser une performance sans faute devant son public, lui qui est de surcroît chef adjoint au Pavillon Ledoyen à Paris, dont Yannick Alléno (Bocuse d’argent 1999) est le directeur culinaire. La Suisse, elle, sera représentée par Mario Garcia, qui entrera en piste dès le premier jour avec ses homologues polonais, belge, islandais, hongrois, allemand, néerlandais, espagnol, français et britannique. Au programme: l’élaboration d’un thème – végétal – sur assiette et celle d’un thème sur plateau dont les ingrédients rendront hommage au terroir piémontais (filet de bœuf, race piémontaise; riz de Baraggia Biellese et Vercellese, variété S. Andrea AOP), le tout en 5 h 35. A quelques jours de la finale européenne, petit coup d’œil en coulisse du côté de Mario Garcia. 

Dernière ligne droite avant Turin

C’est lundi dernier que Mario Garcia s’est livré à son tout dernier entraînement avant sa participation au Bocuse d’Or Europe. L’événement aura lieu les 11 et 12 juin lors du Gourmet Expoforum à Turin et il réunira vingt cuisiniers dans le cadre de la plus disputée des sélections continentales, dont seuls les dix meilleurs décrocheront leur ticket pour la finale de Lyon prévue en janvier 2019.  

Un habitué des concours 

Chef de cuisine avec diplôme fédéral à la Kochschule cre/ate qu’il a créée à Horw (LU), Mario Garcia est un habitué des concours. Il a non seulement remporté le concours «gusto» en 2009, mais il a aussi été à deux reprises champion du monde avec l’Equipe nationale suisse junior des cuisiniers. Est-il pour autant serein à l’approche de cette finale européenne qui réunira quelques-unes des nations favorites au Bocuse d’Or. «Il s’est en tous les cas donné les moyens de préparer l’événement, puisqu’il a choisi de libérer un peu de temps pour lui afin de s’entraîner avec l’équipe qu’il a constituée autour de lui», lance Lucien Mosimann, coordinateur de l’Académie suisse du Bocuse d’Or. 

Mario Garcia a aussi pu compter sur la présence, à Horw, où il s’entraîne, de son commis, libéré de ses obligations professionnelles l’après-midi, et de Rasmus Springbrunn, ancien membre de l’Equipe nationale suisse des cuisiniers. «Au fil des semaines, ils ont eu l’occasion de confronter leur travail à l’avis de nombreux professionnels, ce qui leur a permis de procéder aux ajustements nécessaires», poursuit Lucien Mosimann.

L’un des enjeux sera de réaliser une assiette végétale convaincante sur la base des ingrédients imposés – un fromage italien, un œuf et un troisième composant qui sera annoncé la veille du concours. On se rappelle que le concept d’une entrée végétarienne avait été lancé lors de la finale lyonnaise en 2017 afin de tenir compte des tendances culinaires actuelles, avec à la clé des plats époustouflants, de l’avis d’Armin Fuchs, alors membre du jury de dégustation. 

Quant au plat sur assiette, il s’articulera autour de produits emblématiques de la région qui accueillera le Bocuse d’Or Europe. Les candidats devront ainsi apprêter un filet de bœuf piémontais et une variété régionale de riz, ainsi qu’un ris de veau. Autant de spécialités sur lesquelles les participants ont pu s’entraîner grâce au soutien des sponsors et des Consortium Carni Qualità Piemonte et Consortium Riso dei Baraggia Biellese e Vercellese.

Quid des objectifs de la délégation helvétique? «Le but de l’Académie suisse du Bocuse d’Or est d’obtenir une qualification pour la finale de Lyon, même si chacun sait que le niveau s’élève à chaque nouvelle compétition et que plusieurs pays européens font office de favoris.» 

(Patrick Claudet)