La crise du coronavirus a tout chamboulé, y compris l’organisation des procédures de qualification. Comment se dérouleront les examens en 2020? La réponse avec les responsables des cinq sociétés professionnelles de HGU.
Secrétaire général de la Société professionnelle Hôtel Administration Management (spham)
«Les employés de commerce HGT ne passeront aucun examen oral ou écrit. Les notes d’expérience se composeront de six situations de travail et d’apprentissage, deux unités de formation ou alternativement deux certificats de compétences de cours interentreprises. De leur côté, les spécialistes en communication hôtelière auront un examen final pratique légèrement modifié, qui se déroulera sans hôte invité pour respecter les réglementations sanitaires en vigueur. Le fait que les procédures de qualification puissent avoir lieu malgré le contexte actuel n’est possible que grâce à la coopération bien coordonnée entre tous les acteurs. Tout a dû être mis en place en très peu de temps, d’où l’importance d’avoir trouvé rapidement un consensus. Je suis heureux qu’en dépit des circonstances inhabituelles, les apprentis puissent terminer leur formation initiale et décrocher ainsi leur certificat fédéral de capacité (CFC). Un grand merci à la filière de formation HGT et à Hotel & Gastro formation Suisse pour leur action rapide.»
Secrétaire générale de la Société professionnelle de l’hôtellerie-intendance (sphi)
«Dans le domaine de l’hôtellerie-intendance, les procédures de qualification des spécialistes en hôtellerie CFC et des employés en hôtellerie AFP se dérouleront selon un schéma déterminé par les formateurs professionnels. Les procédures de qualification des gestionnaires en intendance CFC et des employés en intendance AFP auront lieu sous la forme de tests collectifs abrégés. Exception: dans les cantons du Tessin, de Vaud et de Zurich, les examens se déroulent selon un schéma déterminé par les formateurs professionnels. A titre personnel, je suis favorable aux examens collectifs, car nos métiers comportent principalement des domaines de compétence pratiques. Avec l’examen, les jeunes ont la possibilité de montrer leurs aptitudes manuelles pour la première fois dans le cadre d’une procédure de qualification – une manière idéale d’entamer sa carrière professionnelle. A l’inverse, l’évaluation effectuée par le maître d’apprentissage comporte le risque que la procédure soit davantage orientée vers le poste de travail que vers le marché du travail, comme c’est le cas dans la formation de base. De plus, l’organisation d’un examen identique dans toute la Suisse est la garantie d’une certaine équité et permet au futur employeur de comparer ce qui est comparable.»
Président de la Société professionnelle de la restauration (spr)
«Il n’y aura pas d’examen dans tous les métiers du secteur de la restauration. Nous qui siégeons au comité de la spr, ainsi que de nombreux membres, sommes très déçus. Les apprentis eux-mêmes auraient aimé avoir la possibilité de démontrer leurs connaissances théoriques et leurs compétences pratiques. J’ai eu l’occasion de participer à un groupe de travail de Hotel & Gastro formation; toutes les personnes impliquées dans la discussion étaient d’accord pour dire que nous devrions remplacer le service à table par une discussion technique avec des éléments pratiques, au cours de laquelle les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique en matière d’hygiène auraient pu être facilement respectées. Apparemment, deux variantes ont dû être soumises pour des raisons politiques. Je ne sais pas pourquoi la variante 3b, en vertu de laquelle l’évaluation est faite par les formateurs, a été privilégiée. Je suis convaincu que les différentes commissions d’examen des cantons feront tout leur possible pour que les évaluations se déroulent de manière équitable. Il est toutefois à regretter que les professionnels n’aient peu ou pas du tout été consultés.»
Secrétaire général de l’Association du personnel de la boulangerie-pâtisserie et de la confiserie (aspbpc)
«Pour les boulangers-pâtissiers-
confiseurs CFC, qui sont répartis en deux filières (boulangerie-pâtisserie et pâtisserie-confiserie), les épreuves pratiques se dérouleront comme d’habitude mais selon des mesures de comportement et d’hygiène renforcées, tandis que la procédure de qualification théorique a été supprimée au profit d’une note d’expérience. De leur côté, les examens théorique et pratique des gestionnaires du commerce de détail ont été annulés, et, au lieu d’un examen écrit et oral, une note d’expérience sera prise en considération. Quant à la note pratique, elle sera remplacée par l’évaluation de l’entreprise formatrice. Alors que les modalités pour les boulangers-pâtissiers-confiseurs ont été validées, celles pour les gestionnaires du commerce de détail doivent encore l’être. A titre personnel, je suis convaincu que les mesures adoptées sont bonnes et que les apprentis ne seront pas pénalisés. C’est bien sûr dommage qu’aucun examen pratique n’ait lieu pour le commerce de détail, mais, vu la grande diversité de ce secteur d’activité, c’est tout à fait compréhensible.»
Secrétaire général de la Société suisse des cuisiniers (ssc)
«Dans les domaines de qualification des connaissances professionnelles et de la culture générale, il n’y aura pas d’examen. En ce qui concerne le domaine de qualification du travail pratique, les modalités seront les suivantes: examen pratique standard pour les employés en cuisine AFP; examen pratique sous une forme abrégée pour les cuisiniers CFC et les cuisiniers en diététique CFC, de manière à aménager deux séances d’évaluation par jour avec deux fois moins de candidats – une solution qui permettra de mener le processus durant le même laps de temps que d’ordinaire une fois que les écoles auront rouvert. Personnellement, je pense que la variante choisie est la bonne, d’autant que la Société suisse des cuisiniers a participé à son élaboration à la demande de l’Etat. Notre principal souci était de donner aux apprentis la possibilité d’obtenir leur diplôme cette année, afin de garantir leurs chances de s’intégrer sur le marché du travail. En plus de la note qui lui est rattachée, l’examen pratique final a une grande valeur symbolique. Sans compter que le fait de se confronter au jugement des autres est le lot quotidien de tout cuisinier et toute cuisinière. Je suis convaincu que les apprentis feront de leur mieux en dépit des circonstances exceptionnelles.»
(rup/pcl)