Grâce à deux de ses chasselas, la Cave de La Côte, coopérative de Tolochenaz (VD), est sacrée Cave de l’année 2019 au Grand Prix du Vin Suisse. Revue de détail.
Longtemps, ce concours national, organisé par Vinea et le magazine Vinum, qui a réuni 544 producteurs de tout le pays, et permis de juger, à Sierre, à fin juin, 3524 vins pour des médailles d’or et d’argent, n’a pas souri aux Vaudois. Ceux-ci, et d’abord ceux de La Côte, la plus grande région viticole du canton, se sont bien rattrapés ces dernières années, avec le Domaine de la Ville de Morges (2015), les Frères Dutruy à Founex (2017) et, cette année, La Cave de La Côte. La deuxième coopérative suisse, derrière la valaisanne Provins, vient de fêter ses 90 ans. Elle a retrouvé un nom simple, après s’être appelée Uvavins et Cidis. Son directeur, Julien Hoefliger, venu des Salines suisses, assume pleinement ce nom. Dans un entretien, accordé pour le récent numéro de la revue Le Guillon, il veut démontrer que «La Côte peut faire tout type de vins de qualité. Il ne nous manque que la notoriété. […] On veut être la cave préférée des Suisses dans 15 à 20 ans et produire objectivement les meilleurs vins de La Côte». Voilà déjà un beau premier pas de reconnaissance accompli!
Grâce à son œnologue, Suisse du Chili, arrivé à Tolochenaz pour le millésime «exotique» 2003, Rodrigo Banto, la coopérative est régulièrement distinguée dans les concours. L’an passé, elle avait remporté le titre de meilleur vin rouge suisse avec son Gamaret Inspiration, un titre qui, cette année, revient au Cornalin 2018 de la Sélection Excelsus, à Chamoson (VS). Sur près de 450 ha de La Côte, la coopérative vinifie 60% de chasselas. Le «superjury», qui a classé en les redégustant à l’aveugle les six nominés de chacune des treize catégories, à la mi-août, à Sierre, a placé en tête des chasselas deux vins de sa ligne Esprit Terroir, un Coteau de l’Aubonne et le Luins Bravade, tous deux du magnifique millésime 2018. Ce printemps, au Mondial du Chasselas, le deuxième de la catégorie principale, et premier suisse, était le Château d’Echichens 2018, cultivé par le président de la coopérative, Pierre Duruz. Pour Julien Hoefliger, «le chasselas est notre ADN. On doit le promouvoir. Je ne vois aucune autre spécialité blanche qui s’impose: dans le vignoble vaudois, le chasselas est loin devant les autres cépages».
Autre confirmation, le prix bio, qui va au domaine valaisan qui a remporté le concours réservé aux vins bio, la cave de la jeune Sandrine Caloz et de ses parents à Miège, avec une malvoisie 2017. Le titre de meilleur vin blanc suisse revient à un autre producteur valaisan, la Maison Gilliard, à Sion, avec une petite arvine 2018 de la ligne Trésors de Famille. Pour honorer la mémoire d’Elisabeth Pasquier, directrice de Vinea, décédée récemment, le «prix découverte» va au Domaine de Chafalet, à Dardagny (GE), pour son vin liquoreux à base de sauvignon, non millésimé, Elise, victorieux de la catégorie des vins doux. Genève encore, avec le sacre du gamaret Mandragore 2017, du Clos des Pins, à Dardagny, seul de son cépage à figurer à la Mémoire des vins suisses.
Le concours 2019 a récompensé des vins des six régions viticoles suisses. Les Valaisans y ont été moins éclatants que d’habitude. Hormis les prix déjà cités, correspondant à des victoires dans chaque catégorie, ils ont aussi remporté le titre de meilleur mousseux avec un Blanc de Blancs 2013 de la Cave du Tunnel à Conthey. Dans plusieurs catégories, la première place est revenue à des Alémaniques (un riesling-sylvaner thurgovien, un muscat lucernois, un œil-de-perdrix du lac de Bienne, un pinot noir, vinifié à Zurich), à deux Tessinois (l’assemblage rouge Vigna d’Antan 2015 de Gialdi et le merlot Ascona Riserva 2016 de Terreni alla Maggia) et au gamay vaudois Les Ecots 2018 du Clos de la George, à Yvorne, de Hammel.
(Pierre Thomas)
Davantage d’informations:
www.grandprixduvinsuisse.ch