Le défi de la réouverture

Avant que les bars et les restaurants ne rouvrent, une majorité de professionnels romands attendent qu’un certain nombre de conditions soient remplies.

Quand rouvrir les restaurants? Entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, les avis divergent, d’où l’importance de prendre en compte la situation sanitaire de chaque canton pour coller à la réalité de chacun. (Keystone-SDA)

Si la formule du conseiller fédéral Alain Berset – «aussi rapidement que possible, aussi lentement que nécessaire» – a frappé les esprits et été détournée de manière humoristique pendant tout le week-end, celle de son collègue Guy Parmelin a moins fait rire. Dans le cadre d’une interview accordée au Matin Dimanche et à la SonntagsZeitung, le ministre de l’économie a estimé que le soutien financier accordé par le gouvernement ne devait pas devenir un «oreiller de paresse». De quoi susciter la colère et l’incompréhension de beaucoup d’entrepreneurs qui luttent au quotidien pour leur survie, notamment dans l’hôtellerie-restauration. Président de Gastrovaud, Gilles Meystre déplore cette analogie  et s’étonne de la volonté de Guy Parmelin de vouloir rouvrir les restaurants dans quelques semaines déjà. «Avant même d’évoquer leur réouverture, deux conditions doivent être réunies: maintenir la réduction de l’horaire de travail et s’assurer que le matériel sanitaire adéquat est disponible», confie Gilles Meystre à Hôtellerie Gastronomie Hebdo. Avant d’ajouter qu’il faudra sans doute faire preuve de souplesse au moment de relancer l’activité: «Appenzell Rhodes-Intérieures compte une vingtaine de cas, Vaud et Genève près de 5000 chacun. A situation sanitaire différente, date de réouverture différente.» Selon lui, un retour précipité à la normale aurait un effet catastrophique pour les restaurateurs, puisqu’il est illusoire de penser que la clientèle va se précipiter dans les restaurants alors que les mesures de distanciation sociale restent d’actualité. D’où l’échéance du mois de juin qu’il préconise, avec dans l’intervalle une solution négociée avec le Conseil d’Etat pour réduire à 25% le montant des loyers à la charge des tenanciers pour mai et juin.

(Patrick Claudet)