Ozempic et le nouvel appétit

Les traitements amaigrissants poussent la restauration à revoir ses menus, avec moins de quantité et davantage de qualité.

Réduire les portions ne suffit pas pour les utilisateurs actuels et anciens de traitements à base de GLP-1; il leur faut une alimentation plus dense en nutriments et suffisamment de protéines. (Adobe-Stock)

McDonald’s a récemment annoncé une refonte de sa carte. Des portions plus petites, moins de calories, davantage de protéines. Des bowls, wraps ou sandwichs plus sains doivent ainsi compléter l’offre du géant de la restauration rapide. L’une des raisons: l’essor des médicaments amaigrissants comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro. Initialement développés pour traiter le diabète, les médicaments à base de GLP-1 ont gagné en popularité ces dernières années pour la perte de poids. Selon une enquête de l’Institut Gottlieb Duttweiler (GDI), 9 % de la population suisse utilise des préparations à base de GLP-1 et 15 % supplémentaires pourraient l’envisager à l’avenir. Cette évolution a des conséquences pour le secteur alimentaire. Le groupe Nestlé a identifié un segment de marché parmi les utilisateurs de GLP-1 et commercialisé ses premiers produits spécifiques, comme des shakes ou des boissons enrichies en protéines. Plus surprenant, le chocolatier Lindt & Sprüngli voit dans ces médicaments une opportunité, comme il l’a annoncé au printemps. Selon une étude menée aux Etats-Unis, les utilisateurs de GLP-1 se tournent plus souvent vers le chocolat haut de gamme. Ils achètent moins, mais privilégient des produits de meilleure qualité. La restauration doit elle aussi s’adapter à cette baisse de l’appétit, selon le GDI. «Lorsque l’on mange et boit moins, il faut des offres plus riches en nutriments et en expériences», souligne le rapport. La demande porte sur des portions plus petites, adaptées aux besoins nutritionnels. Et cela aussi bien pendant le traitement qu’après. On peut y répondre en adaptant les plats ou en proposant un menu spécifique, comme au restaurant triplement étoilé The Fat Duck, à Londres, où le chef Heston Blumenthal, lui-même un utilisateur de ce traitement, a conçu «The Mindful Experience».

(agu/pcl)