Plaidoyer pour la gastronomie de montagne à Megève

Du 19 au 21 octobre, la station des Alpes françaises organise la deuxième édition du festival culinaire Toquicimes, dont le parrain international est le chef Franck Reynaud.

C’est au cœur de la station française que les chefs iront à la rencontre des gastronomes. (DR)

S’il a longtemps fait office de «halte bienfaitrice» pour tous les voyageurs qui sillonnaient les Alpes, le village de Megève a dû attendre le début du XXe siècle et la venue de la baronne Noémie de Rothschild pour se transformer en une station de sports d’hiver rapidement devenue inonctournable. C’est en 1920 que s’ouvrent les premières remontées mécaniques, et, au cours de la décennie qui va suivre, l’offre hôtelière va connaître un essor rapide. Durant cette phase de développement, Megève mise sur la gastronomie et accueille à partir des années 1950 un nombre croissant de grands chefs. Il y a bien sûr Paul Bocuse, qui exploite la Gérentière entre 1958 et 1959, mais aussi Monsieur et Madame Ripert au Capucin Gourmand, ou encore Nano Fanara qui crée le mythique restaurant La Sauvageonne, sur la route de Rochebrune. Suivent ensuite Jocelyne et Jean-Louis Sibuet qui construisent les Fermes de Marie, trentenaires cette année, puis l’Hôtel Mont Blanc et le Lodge Park. 

Des valeurs communes 

Aujourd’hui, le village compte pas moins de 75 restaurants, dont le Flocons de Sel (3 étoiles Michelin) d’Emmanuel Renaut, qui présidera du 19 au 21 octobre prochains la deuxième édition de Toquicimes. Sous-titrée Les rendez-vous de la cuisine de montagne, cette manifestation réunira une trentaine de chef, dont le Valaisan Franck Reynaud de l’Hostellerie du Pas-de-l’Ours à Crans-Montana (1 étoile Michelin, 18/20 Gault & Millau) qui en sera le parrain international. Pour le Promu de l’année 2018, le rendez-vous mégevan est une opportunité unique de promouvoir la gastronomie de montagne: «D’une part, c’est l’occasion de faire connaître le Valais hors de nos frontières, et, d’autre part, c’est une manière de rappeler que le vaste territoire articulé autour du Mont-Blanc partage des valeurs communes, qu’on soit de France, d’Italie ou de Suisse.» Le point commun? A ses yeux, il est lié à l’environnement «dur» des zones alpestres, qui favorise le partage. «La cuisine, dans ce contexte, devient le lieu où l’on se réunit pour avoir chaud et se nourrir, d’où le rôle important qu’elle joue pour nous tous.»

Concours, ateliers et dégusatations 

Lors de son séjour à Megève, Franck Reynaud aura l’occasion de cuisiner un plat dans le cadre d’un repas de soutien pour le Bocuse d’Or France. Son menu? Un bœuf braisé de la race d’Hérens servi avec une polenta alpine à base de fromage français. «Il s’agit d’un plat de partage, qui sera accompagné d’un Durize d’Henri Valloton, un cépage très structuré que l’on pourrait comparer à un humagne rouge», explique le chef de Crans-Montana. Au-delà de cette prestation personnelle et des rencontres qu’il compte faire sur place, il souligne l’importance d’une manifestation comme Toquicimes et le généreux soutien dont elle bénéficie à l’échelle locale. Il est vrai que le festival culinaire prévoit un grand nombre d’activités, parmi lesquelles figurent plusieurs concours (Les Rissoles de Savoie,  Meilleur petit pâtissier Mégevan, Concours de la Fondue de Megève, etc.) et des ateliers (Lumière et forme dans l’art culinaire, Colloques autour de la cuisine de montagne, etc.). Un programme déjà riche auquel s’ajoutent encore de nombreuses dégustations, notamment sous l’égide des Disciples Escoffier Grandes Alpes.

(Patrick Claudet)