Quand le danger est dans le robinet

Après plusieurs semaines de fermeture, les professionnels de l’hôtellerie-restauration doivent prendre certaines précautions avant la réouverture de leur établissement.

La prudence s’impose vis-à-vis de l’eau d’un robinet qui n’a pas été utilisé depuis longtemps: les bactéries du genre Legionella qui peuvent s’y cacher sont susceptibles de causer une pneumonie, voire la mort. (Keystone-SDA)

La levée du semi-confinement intervenue en début de semaine a permis à de nombreux professionnels de l’hôtellerie-restauration de reprendre leur activité. Si les défis restent nombreux et l’incertitude grande quant à la pérennité de cette reprise, la réouverture des établissements publics est pour beaucoup un soulagement. Mais attention à ne pas sous-estimer un danger aussi sournois que celui du Covid-19, à savoir la légionellose. De quoi s’agit-il? D’une maladie respiratoire causée par des bactéries du genre Legionella présentes naturellement dans l’eau, et qui, lorsque leur concentration est trop importante, entraînent une infection sévère des poumons pouvant même causer la mort dans 5 à 10% des cas, en dépit d’un traitement antibiotique approprié. Le danger vient lorsque l’eau circulant dans les systèmes hydriques d’un établissement n’a pas été chauffée tous les jours à 65°C pendant quelques semaines, et que la température en sortie de robinet est inférieure à 58°C. Les bactéries en forme de tige passent alors à travers les tuyaux et aiment à se cacher dans le robinet, la pomme de douche et la climatisation, tandis que l’infection se produit par l’inhalation de gouttelettes d’eau contaminée. Les personnes les plus menacées par ce qu’on appelle aussi la maladie du légionnaire sont principalement celles dont les défenses immunitaires sont diminuées, avec à la clé des symptômes tels que la fièvre, la toux, les douleurs musculaires, des maux de tête et une perte de l’appétit. En Suisse, environ 400 cas sont déclarés chaque année à l’Office fédéral de la santé publique. D’où l’importance de faire vérifier tous les deux mois la température de son eau et de mandater un professionnel au moins une fois par an pour nettoyer et désinfecter les chauffe-eau. Mieux vaut prévenir que guérir.

(rup/pcl)