Rouvrir, mais à quel prix?

Alors que les restaurants pourront de nouveau accueillir leurs clients à partir du 11 mai, beaucoup de professionnels se demandent comment ils pourront concilier sécurité et rentabilité.

La date du 11 mai prévue pour la réouverture des restaurants satisfait globalement les professionnels alémaniques mais suscite encore un grand nombre de questions auprès de leurs homologues romands. (Unsplash)

La nouvelle est tombée mercredi dernier lors de la conférence de presse du Conseil fédéral: les restaurants pourront rouvrir à partir du 11 mai sous certaines conditions. Entre chaque table, il faudra néanmoins une distance d’au moins deux mètres ou un «élément de séparation», et quatre personnes au maximum pourront s’y installer, exception faite des familles avec enfants. Dès son annonce, l’assouplissement des mesures décrétées à mi-mars par le gouvernement a été salué par Casimir Platzer, président de Gastrosuisse. Ce dernier avait en effet milité pour une réouverture aussi rapide que possible, relayant le souhait d’une majorité d’établissements alémaniques qui évoluent dans un contexte moins marqué par le Covid-19 que leurs homologues romands. Reste que l’échéance du 11 mai représente un important défi pour l’ensemble de la branche. Interviewé dans La Matinale de La Première, le chef neuchâtelois Claude Frôté disait certes son impatience de retrouver sa brigade et ses clients, mais relevait dans le même temps un drôle de paradoxe à travers une formule choc: «Plus on ouvrira vite, plus on perdra de l’argent.» Une manière de dire que l’exploitation d’un établissement renonçant à la moitié de ses couverts est forcément une gageure. La question de la rentabilité, Gilles Meystre, président de Gastrovaud, l’évoque lui aussi quand on le questionne sur la date du 11 mai. «A capacités réduites, revenus réduits», explique-t-il, tout en se réjouissant que le personnel puisse continuer de bénéficier des RHT en raison de cette configuration limitée. Quant à la perspective plus lointaine de la saison estivale, sur laquelle tous les opérateurs helvétiques espèrent pouvoir en partie se rattraper grâce à la clientèle indigène, elle dépendra de la manière dont évoluera la pandémie.

(Patrick Claudet)