«Il faut prendre du plaisir et faire preuve d'audace»

L’équipe de l’Hôpital universitaire de Bâle a remporté le Swiss SVG-Trophy 2025. Le chef d’équipe livre ses conseils aux futurs candidats.

Soho Sumiya et Mongkosak Sinkhunthot lors de la finale de l’an dernier. (DR)

L’Hôpital universitaire de Bâle a déjà participé trois fois au Swiss SVG-Trophy. Quel est l’attrait de ce concours?

Le concours représente un défi personnel et permet aussi de sortir du quotidien. Les conditions sont différentes de celles du travail de tous les jours; il faut se préparer de manière très précise, beaucoup s’entraîner et, au final, se confronter à la situation de concours.

L’expérience des équipes précédentes a-t-elle été utile?

Nous avons bien sûr échangé, notamment sur les aspects de calcul ou de mise en place. Mais, dans l’ensemble, nous voulions suivre notre propre voie. Avec Soho Sumiya et Mongkosak Sinkhunthot, nous avions deux membres déjà expérimentés en concours. Pour ma part, j’apportais le regard extérieur nécessaire.

Dans quelle mesure le soutien de votre entreprise a-t-il été important au cours de la préparation?

Très important. Il ne suffit pas que la direction soutienne la participation, il faut surtout que l’équipe suive. Même si nous nous sommes beaucoup entraînés sur notre temps libre, il nous est arrivé de nous absenter pendant les heures de travail. Nos collègues ont alors dû redoubler d’efforts, et ce dans une branche où le personnel est déjà en sous-effectif. Nous leur en sommes très reconnaissants.

En quoi la cuisine de concours diffère-t-elle du quotidien professionnel?

La grande différence réside dans les volumes à produire. Lors de la Trophy, nous avons cuisiné pour 60 personnes, alors qu’au quotidien, ce sont entre 1500 et 3000. Cela nous a permis de soigner davantage les gestes. Il faut toutefois veiller à ne pas dépasser le temps imparti; des essais préalables sont essentiels pour gérer le timing.

Avez-vous pu transposer certains enseignements du concours dans votre pratique professionnelle?

Absolument. C’était mon premier concours et j’ai beaucoup appris, notamment en matière d’administration et de planification. Ce sont des domaines dont je m’occupe aussi dans ma fonction de responsable adjoint de la production. S’y ajoute l’émulation qui vous saisit lorsque vous accédez à la finale. Un concours est toujours un formidable moteur de motivation.

Quels retours avez-vous reçus après votre victoire?

Les retours ont été très positifs, en interne comme en externe. Nous avons reçu des félicitations de fournisseurs et de collègues, y compris d’autres établissements. Tout le monde voulait aussi goûter le menu gagnant. Nous l’avons d’ailleurs préparé à plusieurs reprises pour différents événements. Je pense que nous avons pu démontrer que la restauration hospitalière ne se limite pas à une cuisine collective standard. Même si sa reconnaissance reste encore inférieure à celle de la gastronomie classique.

Des conseils pour les équipes souhaitant se lancer?

Le plus important est de prendre du plaisir. Les équipes doivent aussi faire preuve d’audace et oser ce que d’autres n’osent pas. Nous avons pris un certain risque en proposant un plat principal végétalien. Au final, le pari a payé. S’il fallait résumer ça en une injonction: prendre des risques! (AHÜ/PCL)


Swiss-SVG Trophy

Championnat suisse de la restauration hospitalière, collective, de système et des EMS, le Swiss SVG-Trophy tient sa neuvième édition. Des équipes de trois personnes s’y affrontent en réalisant un menu à trois plats pour 60 convives, préparé en 3h30 dans leur propre cuisine lors de la finale en septembre. Délai d’inscription: 19 juin 2026.

svg-trophy.ch