Comment prévenir le stress en agissant sur les conditions de travail

Au Focus Romandie, Michela Rothenbühler, psychologue du travail au sein d’Unisanté exposera les moyens de prévenir le stress dans l’hôtellerie-restauration.

Le stress et les tensions au travail peuvent fragiliser la santé des équipes. (Adobe-Stock)

Pour commencer, un constat qui n’a rien de réjouissant: en Suisse, le secteur de l’hôtellerie-restauration est l’un des plus touchés par les risques psychosociaux (RPS). Mais l’évolution des mentalités et l’émergence d’une nouvelle génération de responsables, confrontés à une pénurie de personnel qualifié et à une nouvelle génération de professionnels, permettent de nuancer le propos et de rester raisonnablement confiant, explique en substance Michela Rothenbühler, psychologue du travail au Département santé, travail et environnement d’Unisanté.

Nombreux risques psychosociaux

Psychologue du travail, Michela Rothenbühler interviendra dans le cadre du Focus Romandie, organisé le 5 octobre prochain à Lausanne par Hotel & Gastro Union. Dans sa conférence du matin, elle posera quelques repères afin de comprendre les risques psychosociaux, avant d’aborder la question de la prévention. Que se cache-t-il derrière le terme de risques psychosociaux? L’expression renvoie à des réalités familières pour les professionnels, à savoir des horaires contraignants, une charge émotionnelle, des délais serrés ou une vie privée difficile à concilier avec les exigences du métier.


Michela Rothenbühler, psychologue du travail au Département santé, travail et environnement d’Unisanté, interviendra le 5 octobre.


Toutes ces contraintes ne sont pas vécues de la même manière, relève Michela Rothenbühler. «Le fait de travailler tard le soir ou le week-end peut, par exemple, peser davantage sur une personne ayant des responsabilités familiales», explique la psychologue, pour qui il est important de mesurer l’équilibre entre les exigences du travail et les ressources disponibles pour y faire face. La solidarité entre collègues et le soutien de la hiérarchie, on s’en doute, constituent ainsi un appui précieux; lorsque tous deux font défaut et que les contraintes pèsent sur l’ensemble de l’équipe, le stress peut s’installer et les tensions se multiplier. Dans l’hôtellerie-restauration, cette pression va de pair avec des sollicitations physiques importantes. Longtemps, relève Michela Rothenbühler, la priorité a été donnée à l’efficacité et au service de la clientèle, ce qui a eu pour conséquence de laisser peu de place à la santé au travail. Dans certaines brigades très hiérarchisées, cela voulait dire qu’il y avait peu de discussion sur les conditions de travail et la manière d’exercer le métier. Par chance, les pratiques évoluent. Les jeunes professionnels restent attachés à leur travail, la plupart font preuve d’une motivation aussi grande que celle de leurs aînés, mais ils accordent aussi de l’importance à leur bien-être et à leur vie privée. Cette attente contribue à faire bouger les pratiques.

Une question d’organisation

Reste à comprendre comment les situations peuvent s’envenimer et les difficultés s’empiler au point de nuire à la cohésion de groupe et à l’épanouissement personnel. Les tensions ne sont pas seulement liées à des incompatibilités de caractère; elles peuvent trouver leur source dans l’organisation du travail et favoriser le stress, les conflits et les situations de harcèlement. A terme, la santé des collaborateurs peut être atteinte, jusqu’à l’épuisement professionnel, rappelle Michela Rothenbühler. Quid de l’entreprise? Elle en subit également les conséquences, avec une baisse de la qualité du travail et des absences qui reportent la charge sur les personnes encore en poste. C’est le début d’un cercle vicieux dont il est difficile de s’extirper.


«Gérer le stress ne suffit pas si les conditions ne changent pas»

Michela Rothenbühler, psychologue du travail


Comment améliorer durablement la situation? Unisanté intervient par la formation et la sensibilisation, mais aussi dans les entreprises. L’objectif est notamment de recréer le dialogue entre les équipes, l’encadrement intermédiaire et la direction. «Leurs besoins peuvent être proches sans qu’ils parviennent à se comprendre», explique la psychologue du travail. Trop souvent, constatet-elle, les entreprises sollicitent une aide lorsque les problèmes sont déjà bien installés. Or les bénéfices d’une prévention durable se mesurent sur le long terme. Un atelier de gestion du stress peut être utile, mais il ne suffit pas si les conditions de travail restent inchangées.

(Patrick Claudet)


Vous trouverez l’inscription au Focus Romandie du 5 octobre à l’adresse suivante :

shop.e-guma.ch


Comment s’inscrire

Les inscriptions à Focus Romandie sont ouvertes aux membres et non-membres. Tarifs: 60 francs pour les membres, 90 francs pour les non-membres et 25 francs pour les moins de 25 ans. Repas, pauses et apéritif sont compris dans le prix. Pour s’inscrire à l’événement du 5 octobre, articulé autour de conférences le matin et de plusieurs ateliers l’après-midi, avec aussi la remise des brevets fédéraux en cuisine et service, il suffit de scanner le code QR ci-contre.