Un titre mondial et quatre «Medals for Excellence» récompensant un total de points particulièrement élevé: les jeunes talents de la branche se sont distingués sur la scène internationale aux World Skills de Shanghai, en Chine. Ils reviennent ici sur leur compétition.

A 22 ans, la spécialiste en communication hôtelière CFC de l’hôtel La Réserve Eden au Lac, à Zurich, décroche l’or aux World Skills, qui se sont tenus cette année à Shanghai, en Chine. (Swiss Skills)
La réception d’hôtel est une valeur sûre pour la Suisse aux World Skills. Après la deuxième place de Tim Oberli en 2022 et le titre de Carmen Többen en 2024, Fina Niebergall a hissé à nouveau la Suisse sur la plus haute marche du podium lors de l’édition de cette année à Shanghai, en Chine. A 22 ans, la Junior Assistant Front Office Manager de l’hôtel La Réserve Eden au Lac, à Zurich, a décroché l’or et le titre mondial avec deux points d’avance sur la candidate chinoise Jiayi Wang. Au total, la Suisse a remporté quatre médailles d’or, deux d’argent et six de bronze. A ces douze médailles s’ajoutent 23 très convoitées «Medals for Excellence». Ce bilan lui vaut la troisième place au classement des nations, derrière la Chine et la Corée du Sud. La délégation réédite ainsi le remarquable succès obtenu en 2024 à Lyon, en France, où les candidats suisses avaient également hissé leur pays au troisième rang parmi toutes les nations participantes. Avec leurs prestations lors de cette édition des World Skills, les 42 jeunes professionnels suisses ont une nouvelle fois démontré la diversité et la qualité de la formation professionnelle helvétique face à la concurrence internationale. Si le podium leur a échappé cette fois dans les autres catégories de l’hôtellerie-restauration et de la boulangerie-confiserie, les quatre représentants de nos métiers ont signé de solides performances. Nicolas Imholz, d’Isenthal (UR), s’est classé sixième en cuisine. Regula Baschung, de Beromünster (LU), a terminé onzième en pâtisserie-confiserie, et Gwenda Bösch, de Stallikon (ZH), dixième en boulangerie. Melina Reusser, de Thoune (BE), a pris la huitième place en service de restaurant. Tous les quatre repartent avec une «Medal for Excellence» largement méritée.

Lorsque la sirène a annoncé la pause de midi de la première journée, Regula Baschung a fondu en larmes. «Beaucoup de choses ne s’étaient pas passées comme prévu», dit la candidate en pâtisserie-confiserie. Son coach Yves-Alain Braichet a su la réconforter. Avec succès: l’après-midi, la pâtissière est revenue dans la course. «Même si tout n’était plus parfait, j’ai rendu tous mes travaux dans les délais et pu aborder la deuxième journée avec motivation.»
Regula Baschung
Selon son coach, elle a surtout convaincu avec son praliné. Elle a aussi montré son savoir-faire lors d’un défi surprise: réaliser une inscription sur une plaque en chocolat pour une pièce de présentation. «A mes yeux, elle a réalisé de loin la plus belle inscription», souligne son coach. La pièce en sucre lui a en revanche donné le plus de fil à retordre. Le sucre ne prenait pas correctement et la pièce s’est courbée en quelques minutes.
La fin des World Skills n’en a été que plus belle: onzième de sa catégorie, Regula Baschung a reçu une «Medal for Excellence». «Après ce départ difficile, nous ne nous attendions plus à cette distinction», reconnaît son coach. Elle se réjouit aussi du résultat: «Je suis très satisfaite de cette distinction.» Elle revient de Shanghai riche d’expériences précieuses, de nouvelles rencontres et d’une grande fierté pour son métier.
(ade/pcl)

Nicolas Imholz devait disputer quatre modules en cuisine: cuisine gastronomique, bistro façon street food, épreuve de maîtrise technique et analyse sensorielle. Chacun comprenait un ingrédient surprise, dont lui et son coach Mario Garcia n’ont eu connaissance que deux jours avant la compétition. Pour le module bistro, il fallait ainsi intégrer des concombres du Sichuan à l’entrée. Nicolas Imholz a envoyé un taco garni de ces concombres marinés, de mayonnaise, de tofu et d’oignons frits.
Sixième, il s’est finalement hissé dans le top dix et a reçu une «Medal for Excellence». «Au début, j’étais un peu déçu, car je voulais absolument monter sur le podium», a-t-il confié après la remise des prix. «Mais avec le recul, je me dis que je peux être fier de mon classement.» Indépendamment de son classement, les World Skills restent une expérience incroyable: «J’ai fait de nouvelles rencontres et beaucoup appris, tant sur le plan humain que professionnel.»
Nicolas Imholz
Par exemple? Il a notamment considérablement progressé sur le plan mental. Un acquis qui lui sera utile dès la fin novembre, lorsqu’il disputera déjà sa prochaine grande compétition internationale. Avec l’équipe nationale suisse des cuisiniers, Nicolas Imholz entend défendre le titre mondial au Luxembourg.
(ahü/pcl)

Fina Niebergall a décroché l’or en réception hôtelière. Avec 729 points, la spécialiste en communication hôtelière CFC a devancé de justesse la Chinoise Jiayi Wang, qui en a obtenu 727. Interrogée après sa vic-toire, elle s’est dite bouleversée par ce succès: «Cette distinction récompense tout le travail acharné que j’ai accompli. Cette médaille éveille aussi en moi une certaine fierté nationale, car j’ai pu montrer combien l’hospitalité suisse est passionnante.»
Fina Niebergall
Fina Niebergall a aussi noué de nombreuses amitiés à Shanghai: «Je n’avais pas du tout l’impression de participer à une compétition. C’était plutôt comme une journée de travail ordinaire avec une équipe formidable.» Embarqués dans la même aventure, les candidats se sont mutuellement encouragés, ont beaucoup ri et aussi pleuré. Fina Niebergall a réussi avec brio les cinq modules qu’elle devait disputer lors des World Skills: accueil des clients et communication, administration et back-office, gestion des réclamations et résolution de problèmes, conseil régional (conciergerie et promotion de l’offre locale), ainsi que diverses épreuves surprises. «Sans ma famille, ma préparatrice mentale Anna-Lena Körner et mon coach Egidio Marcato, je ne serais jamais allée aussi loin», explique Fina Niebergall.
(doe/pcl)

«Je suis très fière de Melina», confie Noemi Zoss, qui a accompagné la spécialiste en restauration aux World Skills en qualité de coach, ce qui fait d’elle une observatrice privilégiée. La compétition a été rude et la concurrence relevée. «Melina a tout donné et signé une superbe prestation.»
Melina Reusser
Melina Reusser regrette de ne pas avoir pu donner toute sa mesure comme elle l’aurait souhaité. «J’ai malgré tout pris beaucoup de plaisir et l’ambiance autour du concours était absolument unique.» Pour la Thounoise de 20 ans, les clients qu’elle a pu servir durant ces quatre jours ont été un temps fort. Les candidats ont enchaîné les épreuves de service à la carte, de banquet et de restauration gastronomique. Ils ont aussi dû servir le vin, préparer des cocktails et des créations à base de café. Tout au long du concours, la propreté du travail et l’assurance étaient essentielles. Noemi Zoss salue l’organisation: «Les conditions étaient excellentes, tant pour l’agencement des espaces de travail que pour le matériel disponible.» La Chine, Singapour, l’Indonésie et le Danemark se sont partagé le podium du service en restauration. Avec 707 points, Melina Reusser a terminé huitième et décroché une «Medal for Excellence». Elle revient de Shanghai riche de nombreuses expériences positives, sur le plan professionnel comme personnel.
(agu/pcl)

Aux World Skills de Shanghai, Gwenda Bösch a pu mettre en pratique ce qu’elle avait travaillé avec assiduité. La candidate en boulangerie a particulièrement réussi sa pièce de présentation et ses produits en pâte à croissant. «A mon avis, Gwenda a réalisé 90 % de son travail comme nous l’avions préparé à l’entraînement», souligne sa coach Ramona Bolliger.
Gwenda Bösch
La farine d’épeautre chinoise lui a en revanche donné du fil à retordre. «Nous y avons certainement perdu des points», reconnaît Ramona Bolliger. Gwenda Bösch a finalement terminé dixième et reçu une «Medal for Excellence». Pour sa coach, le concours montre aussi combien la concurrence internationale a progressé. Depuis les World Skills disputés à Lyon, de nombreux pays ont franchi un cap en matière de qualité. «Pour accéder aux places médaillées, nous ne pouvons nous permettre aucune erreur d’inattention.» Sa conclusion est claire: «Nous devons persévérer!»
Interrogée après ces journées de compétition intenses, Gwenda Bösch se disait satisfaite: «Je suis très soulagée que le concours soit terminé.» Le soutien sur place a beaucoup compté pour elle: sa famille, ses amis et même des collègues de son entreprise avaient fait le déplacement pour l’encourager. Au-delà de l’expérience du concours, elle gardera ainsi de précieux souvenirs partagés.
(ade/pcl)