A la découverte d’un continent

Chefs prestigieux, tables rondes, conférences, démonstrations, marché éphémère et dîner de gala: tels sont les points forts de Afrik Festifood, un Salon culinaire dont la première édition se tiendra à Genève du 28 février au 1er mars.

Parrainé par Christian Abégan, le festival accueillera une dizaine de chefs, dont le Marocain Aissam Ait Ouakrim – ici l’une de ses créations. (DR)

Angèle Monteleone n’en est pas à son coup d’essai – elle a déjà créé et organisé à deux reprises un Festival du rire africain à Genève –, mais son projet centré sur la cuisine africaine revêt une signification particulière à ses yeux. «A travers cet événement dédié à la gastronomie de tout un continent, j’aimerais faire découvrir à mon pays d’accueil, la Suisse, des saveurs et produits souvent méconnus», explique la Camerounaise d’origine et Genevoise d’adoption, cheville ouvrière de Afrik Festifood, qui aura lieu à l’hôtel Ramada Encore de La Praille. 

Une manifestation en trois volets 

Dans le cadre de sa démarche inédite, Angèle Monteleone peut compter sur la participation bénévole d’une dizaine de chefs de tous horizons, avec lesquels elle a mis sur pied un programme riche et placé sous l’égide du chef Christian Abégan, parrain de la manifestation et chantre du patrimoine culinaire africain.

La manifestation débutera le vendredi 28 février avec une conférence de presse réunissant tous les professionnels impliqués, puis se déclinera en trois volets. «D’abord, un dîner de gala réunissant plusieurs des chefs invités aura lieu le 29 février à l’Ecole Hôtelière de Genève, où un menu à sept plats offrira un panorama saisissant des différentes saveurs d’Afrique. Ensuite, un Salon permettra aux visiteurs de découvrir à La Praille des artisans africains, ainsi qu’un certain nombre de produits répartis par pays dans le cadre d’un marché éphémère baptisé le Grand Maquis. Enfin, un programme de conférences et tables rondes servira de prétexte pour évoquer certaines thématiques en lien avec la nutrition», explique l’organisatrice.

C’est dans ce cadre que la cheffe Ayaba Galbas lèvera le voile sur la cuisine afro-végane, sa spécialité, tout en rappelant sans doute que l’alimentation sans viande est une tradition africaine ancestrale, grâce à l’utilisation de feuilles, racines, tubercules, céréales, rhizomes, bulbes, graines, bourgeons, pousses, tiges, cosses et autres fleurs comestibles. 

Approches instinctive et militante 

Parmi les chefs participant à l’événement figurent deux professionnels helvétiques, tous deux membres de la Société suisse des cuisiniers: Anita Lalubie et Mukoma Euloge Malonga, respectivement cheffe pâtissière et gagnant de la Swiss Culinary Cup (SCC) 2019. Pour la première, la participation à ce festival unique en son genre sera l’occasion de renouer avec ses racines pour moitié ghanéennes. «Jusqu’à présent, j’ai surtout privilégié une démarche instinctive, soulignant que les notions d’alimentation et de bien-être sont intimement liées. Mais l’idée de rencontrer à Genève des chefs qui intègrent et subliment des produits africains dans leur cuisine me ravit tout particulièrement. C’est quand même la moitié de mon ADN et j’ai beaucoup de choses à (re)découvrir», confie l’autrice du livre Les recettes du bonheur paru chez Favre.

De son côté, Mukoma Euloge Malonga revendique une approche plus militante. «En tant que chef de cuisine adjoint de l’EMS Ruferheim à Nidau (BE), je me sens un devoir de soutenir non seulement la cuisine africaine, mais aussi tous les Afro-descendants qui pourraient être tentés d’embrasser cette carrière. Ma récente victoire à la SCC m’a encore plus motivé à être un exemple pour la relève, et à promouvoir une certaine tradition culinaire», explique le natif de RDC, qui voue une grande admiration pour Christian Abégan. Son approche? Elle vise la fusion des saveurs, comme lorsqu’il transforme le bâton de manioc farci à la purée de manioc parfumée au poivre en bâton de pomme de terre farci à la pomme de terre parfumée à la truffe. «C’est ma façon de contribuer à la reconnaissance de cette gastronomie.»  

(Patrick Claudet)