La demande européenne et helvétique devrait compenser le ralentissement observé sur plusieurs marchés lointains.

La chanteuse saoudienne Aseel Omran sur les rives du Léman, destination prisée de la clientèle internationale. (DR)
Malgré le repli observé en mars, Suisse Tourisme aborde la saison estivale avec une prudence mesurée. L’organisation nationale de marketing prévoit une baisse limitée de 2 à 3 % des nuitées sur l’ensemble de 2026, tout en soulignant la résilience d’un secteur soutenu par la diversité de sa clientèle et la solidité des marchés de proximité. Les chiffres publiés par l’Office fédéral de la statistique montrent un recul de 5,2 % des nuitées en mars. Si le conflit iranien a contribué à fragiliser certains flux internationaux, Suisse Tourisme estime toutefois que les effets calendaires ont joué un rôle déterminant. Les vacances de relâche, tombées plus tôt dans plusieurs cantons, ont notamment pesé sur la fréquentation du marché domestique. Sur l’ensemble du premier trimestre, la progression reste d’ailleurs légèrement positive (+0,1 %). Dans son scénario de base, jugé le plus probable avec une probabilité de 55 à 60 %, Suisse Tourisme anticipe une stabilisation des marchés suisse et européen, tandis que les clientèles asiatiques et du Golfe devraient connaître des replis plus marqués. Les marchés européens continuent de soutenir la destination, dans un contexte où les voyageurs privilégient des séjours plus facilement accessibles. Le Royaume-Uni et la France ont même enregistré une progression en mars.
L’Asie apparaît en revanche plus vulnérable. L’Inde, dépendante des liaisons aériennes via le Moyen-Orient, accuse une chute marquée de la demande. Les perspectives demeurent aussi tendues pour l’Asie du Sud-Est, alors que la Chine conserve une certaine stabilité grâce à ses liaisons directes. Les marchés du Golfe restent, eux, difficiles à anticiper, les réservations intervenant traditionnellement à très court terme. Même dans l’hypothèse d’une nouvelle escalade géopolitique, Suisse Tourisme estime que le recul resterait contenu. Son scénario le plus défavorable prévoit une baisse maximale de 6 à 8 % des nuitées.
(HGH)