Quid du travail en salle aux temps du Covid-19?

Championne de service 2020 et membre de la Société professionnelle de la restauration, Adélie Chatton raconte comment sa perception du métier a évolué avec la pandémie.

 Membre de la spr, Adélie Chatton a repris le travail le 11 mai. (DR)

La vie qui reprend. C’est le sentiment qu’a eu Adélie Chatton en retrouvant le 11 mai ses patrons, collègues et fidèles clients du Café des Avenues, à Lausanne (VD). La vie, et pas n’importe laquelle: celle du restaurant où elle travaille depuis presque huit ans, et dont elle est cheffe de salle tous les matins. «Le premier jour, au moment de la réouverture à 6h30, j’avais quand même un peu d’appréhension. Certes, nous avions été briefés en amont, mais personne ne savait très bien si la clientèle serait au rendez-vous, ni comment elle allait accueillir les nouvelles dispositions en matière d’hygiène», lance la Lausannoise de 30 ans.  

 «Cette crise, terrible, a le mérite de nous encourager à renouer avec les fondamentaux du métier» 
 

Verdict? Positif. «Tout le monde a non seulement joué le jeu, mais aussi fait preuve d’une bienveillance et d’une tendresse formidables à notre égard. C’est là que j’ai réalisé à quel point mon métier et le contact avec les clients m’avaient manqué, tout comme ces derniers ont saisi l’importance sociale et humaine des bistrots dans nos sociétés qui en avaient été privés pendant deux mois.» 

Sentiment de sécurité 

En vertu du concept de sécurité propre à la restauration, le Café des Avenues a dû procéder à un certain nombre d’ajustements. La chance de cette institution lausannoise est toutefois de jouir d’une superficie confortable, ce qui lui a permis de se passer des séparations. «Nous avons simplement espacé les tables et agrandi la terrasse, tandis qu’à l’entrée les nouveaux  arrivants sont invités à se désinfecter les mains. Autant de dispositions qui sont respectées par tous et distillent un sentiment  de sécurité au sein de l’équipe et de la clientèle.» 

Un plaisir réciproque 

De son propre aveu, Adélie Chatton gardera un souvenir ému de cette réouverture post-Covid-19. Selon elle, la crise sanitaire, aussi terrible soit-elle, lui a permis de renouer avec les fondamentaux de son métier. «Les gens ont eu du plaisir à renouer avec nous et nous avons été heureux de les revoir. De fait, la qualité des échanges a été remarquable, d’autant que nous n’avons pas été contraints de relever l’identité des clients. Quant à la distance de sécurité, elle est très facile à respecter, dans la mesure où nos hôtes sont tous assis et que nous contrôlons la manière dont nous interagissons avec eux.»   

Quid du repos forcé? La spécialiste en restauration qui prépare son brevet fédéral l’a employé pour bouquiner et… faire des puzzles – cinq modèles de 1000 pièces chacun! «J’ai aussi profité de mon balcon et fait tout ce que je n’avais pas pu faire avant ma participation au Championnat suisse de service, dont j’ai consacré presque six mois l’an dernier à la préparation.»

(Patrick Claudet)