Avec 43,9 millions de nuitées en 2025, l’hôtellerie helvétique signe un nouveau record dans un contexte exigeant.

En 2025, les touristes indigènes ont privilégié les centres urbains – ici Zurich. (Suisse Tourisme)
L’hôtellerie suisse frôle les 44 millions de nuitées et enregistre un troisième record consécutif. En 2025, 43,9 millions de nuitées ont été comptabilisées, en hausse de 2,6 % par rapport à 2024. Une performance qui confirme l’attrait durable de la destination, mais que les acteurs de la branche invitent à lire avec nuance. La demande indigène atteint 21,1 millions de nuitées (+1,4 %), un nouveau sommet. Les Suisses ont privilégié les centres urbains, tandis que la montagne et la campagne progressent plus modestement. Côté international, la dynamique reste soutenue: 22,8 millions de nuitées étrangères (+3,7 %), tirées notamment par les États-Unis (+5,4 %), qui totalisent 3,67 millions de nuitées et confirment leur statut de deuxième marché après l’Allemagne. L’Europe représente 12,7 millions de nuitées (+3,9 %). Le Royaume-Uni (+7,5 %) et l’Italie (+4,8 %) affichent des progressions marquées, tandis que la France signe son meilleur résultat depuis plus de trente ans. En Asie, la reprise se poursuit mais reste incomplète: la Chine progresse de 9,3 % sur un an, tout en demeurant nettement en deçà de son niveau de 2019. La croissance s’observe sur presque tous les mois, avec un pic en décembre (+6,8 %). Le taux net d’occupation des chambres atteint 56,8 %, en hausse de 1,7 point et supérieur au niveau record de 2019. Genève (67,9 %) et la région bâloise (60,3 %) figurent parmi les locomotives.
Au niveau régional, onze des treize régions touristiques progressent. Vaud enregistre 3,1 millions de nuitées (+5,8 %) et dépasse son record de 2019. Les hausses marquées en février, septembre ou décembre témoignent d’un lissage saisonnier réussi. La région a misé sur une stratégie quatre saisons articulée autour du sport, de la nature, de la gastronomie et des événements, dont l’Euro féminin de football ou Riviera Noël. Pour autant, les bons chiffres masquent des tensions. Les recettes par nuitée restent sous pression et la hausse des coûts pèse sur les marges, rappelle Hotelleriesuisse. Les nuitées ne disent pas tout: la répartition spatiale, la saisonnalité et le taux d’occupation effectif doivent compléter l’analyse.
Suisse Tourisme insiste sur un «pilotage intelligent» de la demande. La stratégie Travel Better privilégie une répartition temporelle et géographique plus équilibrée, des séjours plus longs et une mobilité douce. L’objectif n’est plus la croissance des volumes, mais la qualité et l’acceptation à long terme. Après une progression de 11 % depuis 2019, portée par les marchés suisse et américain, 2026 s’annonce plus stable.
(HGH)