Le Poivrier d’Argent consacre la relève culinaire latine

A Bienne, le concours a réuni les meilleurs apprentis et montré le talent et l’engagement des jeunes professionnels romands et du Tessin.

Organisé les 20 et 21 mars au Centre de formation professionnelle de Bienne, le concours bisannuel Le Poivrier d’Argent a une nouvelle fois confirmé son statut de rendez-vous incontournable pour la relève culinaire. Destiné aux apprentis cuisiniers de deuxième année, il constitue la plus grande compétition du genre en Suisse romande et au Tessin, offrant aux jeunes talents une scène à la hauteur de leurs ambitions, selon les organisateurs dans un communiqué. Durant deux journées intenses, les candidats ont été appelés à démontrer leur savoir-faire dans des conditions proches de celles d’une grande compétition internationale. Face à un jury de professionnels présidé par Euloge Malonga, ils ont disposé de cinq heures pour élaborer un menu complet pour six personnes. L’exercice imposait un plat principal à base d’omble chevalier, accompagné d’un féculent, d’un légume et d’un fruit, ainsi qu’un dessert surprise autour de la pâte à choux, dont la forme n’a été révélée que la veille.

A Bienne, Colin Gervaix (au centre) s’est imposé devant Euliana Batista Pereira (à g.) et Gaïa Valentim (à dr.). 

Créativité, précision et gestion technique

Dans cet environnement exigeant, ce sont la créativité, la précision technique et la gestion du temps qui ont fait la différence. La victoire est revenue à Colin Gervaix, en formation au Restaurant de l’Hôtel de Ville de Crissier (VD). Sa prestation impeccable lui vaut le titre de meilleur apprenti cuisinier de Suisse romande et du Tessin. A la deuxième place, Euliana Batista Pereira, du Centro Somen à Sementina (TI), s’est distinguée par la finesse de ses réalisations; elle décroche également une qualification pour le concours Jeunes Talents Escoffier. Le podium est complété par Gaïa Valentim, du restaurant Au Chasseur à Fribourg, qui a en outre reçu un prix spécial pour son entremets.

A l’heure du bilan, Pascal Aubert, enseignant spécialisé gastronomie au Centre de formation professionnelle de Bienne, par ailleurs chargé de l’organisation du concours, se dit satisfait. «Les finalistes ont fait preuve de créativité tout en maîtrisant parfaitement la technique et en livrant dans les temps. Par ailleurs, le niveau d’ensemble était élévé et homogène, ce qui est un véritable plaidoyer pour le système de formation duale helvétique.»

Au niveau des créations, Pascal Aubert relève que deux des trois candidats du podium (le Vaudois et la Tessinoise) ont opté pour un dressage à l’esthétique très orientée concours, caractérisé par une séparation des différents éléments, disposés avec soin, mais qui évoquaient selon lui davantage la déconstruction d’un plat froid que la cohérence d’une assiette de restaurant. «Le résultat est certes bluffant, car il n’est pas sans rappeler les belles assiettes que l’on voit dans des concours tels que le Bocuse d’Or, mais le choix d’une bistronomie un peu plus incarnée, à l’image de ce qui pourrait être servi en salle, est une approche qui serait tout aussi intéressante.»

L’enseignant spécialisé souligne néanmoins la dynamique positive instillée par le Poivrier d'Argent et par les concours en général, qui permettent aux apprentis de repousser leurs limites, de se mesurer à des jeunes en provenance de toute la Suisse romande et du Tessin, et de se préparer dans les meilleures conditions possibles à leur procédure de qualification. La prochaine édition du Poivrier d’Argent se déroulera en 2028 à Fribourg.

(Patrick Claudet)