Rien à attendre pour la Suisse romande, rien de nouveau non plus pour les femmes cheffes, si ce n’est un accessit pour la formidable sommelière et marathonienne d’Arakel.

Dominik Sato et Fabio Toffolon, The Restaurant, le nouveau trois étoiles. (DR)
Andermatt, un froid polaire et des bibendum accrochés sur la façade de bois et de pierre du Radisson, qui accueille cette année la cérémonie du guide Michelin et célèbre en outre ses cent ans de présence en Suisse. Un froid polaire et même quelques petits flocons annonciateurs, qui sait, d’une pluie d’étoiles?
La cérémonie co-présentée par le duo polyglotte Simone van Trier et Fernando Tiberini s’est déroulée devant une foule inouïe de chefs et d’invités, au point que deux rangées de chaises ont dû être rajoutées après coup. De Genève à Bad Ragaz, tous étaient venus dans l’espoir de conserver leurs étoiles, voire qui sait d’en décrocher de nouvelles.
Onze nouveaux Bibs gourmands figurent dans la nouvelle édition du guide, mais aucun en Suisse romande. Les Special Awards sont décernés à Markus Arnold pour l’Ouverture de l’année avec Myle, à Berne (ex Steinhalle), qui repart également avec une première étoile.
Emelyne Gigaud, qui veille sur les quelque 1500 références de la cave d’Arakel, à Genève, décroche celui de Sommelier de l’Année. Celui du Service récompense Ad Lib, à Zermatt, qui obtient sa première étoile et celui du Jeune Chef est remis à Guglielmo Curcio, du Ristorante Enoteca Origini, à Morbio Inferiore, qui décroche également sa première étoile.
En tout, sept établissements obtiennent ainsi leur premier macaron: aux trois cités précédemment s’ajoutent Bärenstock (Appenzell), Rémy (Zurich), Schlüssel (Oberwil) et Caaara by Pietro Catalano (Lucerne).
Rien de nouveau du côté des deux étoiles, la surprise venant du sommet de la hiérarchie. «La famille Michelin s’agrandit» avec l’arrivée d’un établissement hors normes helvétiques, en l’occurrence The Japanese Restaurant, dont les deux frères aux commandes, Fabio Toffolon et Dominkik Sato, sont venus en voisins, puisqu’ils oeuvrent à Andermatt même.
La Suisse compte désormais cinq triple-étoilés, les quatre autres demeurant au même niveau, confirmant la déclaration de Gwendall Poulennec, responsable de l’équipe internationale des inspecteurs, selon laquelle la gastronomie suisse a toujours un des plus hauts niveaux du monde et constitue un incroyable vivier de talents. En comparaison avec nos voisins, la France en compte trente, l’Allemagne treize et l’Italie quinze.
Si son guide rouge est présent depuis cent ans en Suisse, Michelin poursuit son expansion internationale, de la Nouvelle Zélande à l’Australie et aux Etats-Unis, dans plus de soixante pays, avec ses trois équipes de testeurs anonymes spécialistes de la gastronomie, du vin et de l’hôtellerie.
«Nos cinq critères sont inchangés depuis le début de l’aventure», précise Poulennec. Le groupe créé en 1889 par deux frères de Clermont-Ferrand compte désormais quelque 122 600 collaborateurs dans le monde, dont 370 en Suisse.
Enfin, dernière nouveauté annoncée, en lieu et place des étoiles vertes, dont on s’expliquait mal la disparition, la plate-forme donnant la parole à des visionnaires de la restauration se nomme Mindful Voices et a rendu hommage au chef Stefan Wiesner, ex sorcier de l’Entlebuch.
Véronique Benoit