A Morat, les chefs de cuisine suisses imaginent l’avenir de la branche

Près de 200 chefs ont participé à Morat à la rencontre Chefs de Cuisine Suisses, placée sous le signe de l’échange, de la relève et de l’avenir.

  • Le chancelier fédéral Viktor Rossi, cuisinier de formation, à l’accueil.
  • Les conférences ont évoqué des pistes pour le quotidien. (Photos Roy Matter)
  • Franck Giovannini, chef trois étoiles, et Thomas Nussbaumer, président de la Société suisse des cuisiniers, ont honoré les meilleurs apprentis cantonaux.
  • Savoirs et convivialité: tous les deux ans, les chefs de cuisine suisses se retrouventpour leur grand rendez-vous national.
  • Tous les chefs participants réunis en veste de cuisine – une belle image.
  • Différents stands gourmands ont
    proposé leurs spécialités.

«Que nous puissions tous nous retrouver ici n’a rien d’évident», a souligné Thomas Nussbaumer, président de la Société suisse des cuisiniers, en ouvrant la rencontre Chefs de Cuisine Suisses au Centre Löwenberg, à Morat (FR). Près de 200 professionnels avaient fait le déplacement malgré un quotidien marqué par «les responsabilités, les longues journées et un rythme soutenu». Un succès qui confirme la vocation du rendez-vous: favoriser les échanges et faire émerger de nouvelles idées.

Ancien cuisinier, le chancelier de la Confédération Viktor Rossi a lui aussi insisté sur la force du collectif. «La cuisine est la meilleure école de la vie», a-t-il déclaré, rappelant qu’elle apprend à travailler en équipe, à garder la tête froide même quand on est sous pression et à rester respectueux.

Davantage d’humain

Les conférences ont été tournées vers l’avenir. Nico Schefer, collaborateur scientifique en Hospitality Management à la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW), s’est interrogé sur l’arrivée possible des robots dans les restaurants. Pour lui, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée va encore s’aggraver et appelle deux réponses: renforcer l’attractivité des métiers et adapter les conditions de travail. «Les anciennes méthodes de management ont fait leur temps», a-t-il estimé. L’intelligence artificielle pourrait même offrir des opportunités à une branche moins exposée à l’automatisation grâce au geste et à l’interaction sociale.

Des qualités indispensables

L’experte en hospitalité Krumma Jonsdottir a développé le même fil. Elle invite à ne plus parler de «soft skills», tant l’empathie, l’écoute et la gestion des émotions sont déterminantes pour la réussite des équipes. Christine Schäfer, Senior Researcher au Gottlieb Duttweiler Institut, a évoqué la «Feel-Good-Revolution», qui voit la santé, la beauté et l’alimentation se rapprocher. Monika Reinau, d’Ibex Fairstay, a montré comment la durabilité peut devenir un avantage concurren-tiel. Reto Walther, de Hotel & Gastro Formation Suisse, a présenté les projets en cours, dont la révision de la formation professionnelle supérieure.

Une motivation renouvelée

La relève a elle aussi occupé une place centrale. Les meilleurs apprentis cuisiniers de chaque canton ont été distingués par Franck Giovannini, tandis que Reto Walther a récompensé les meilleurs diplômés de la formation professionnelle supérieure. Entre les interventions, un marché gourmand a permis de prolonger les discussions. La rencontre vit aussi de ces liens professionnels et amicaux qui se renforcent au fil des éditions. Thomas Nussbaumer en a tiré un bilan positif: «Ces deux jours nous ont permis de repartir avec de nouvelles idées et une motivation renouvelée.»

(ahü/pcl)


Davantage d’informations:

hotelgastrounion.ch