Lors du Focus Romandie, Arnaud Muller et Stefan Mühlemann montreront comment l’intelligence émotionnelle aide à mieux gérer le stress.
Coach et formateur d’adultes, Arnaud Muller a cofondé le Centre de l’intelligence émotionnelle et du leadership (CIEL) avec Stefan Mühlemann. Mais avant de se consacrer à l’accompagnement de professionnels venus de tous horizons, il a été cuisinier et œuvré au sein du Centre d’instruction de la subsistance à Thoune. De ces années consacrées à l’apprentissage du métier puis à la transmission de son savoir, il garde un souvenir fort. «Quand on a été cuisinier, on le reste», dit-il en évoquant l’adrénaline du coup de feu, le plaisir du geste et la saine émulation qui peut régner au sein d’une brigade. Cette expérience fait qu’il connaît de l’intérieur les situations de tension dans la profession.

Stefan Mühlemann et Arnaud Muller, les cofondateurs de CIEL, qui animeront une conférence et un atelier à Lausanne. (DR)
Le stress? Il peut se manifester de plusieurs manières. Il y a celui qui se voit, d’abord, quand tout le monde s’active durant le service et qu’il faut gérer les imprévus et les faux pas. «Et puis il y a tout ce qu’on ne voit pas, cette charge émotionnelle permanente», poursuit Arnaud Muller. Beaucoup de professionnels, même quand ils sont épuisés, font l’effort de sourire et de se montrer accommodants, y compris avec les clients récalcitrants, tout en ne laissant rien paraître. «Cet écart entre ce que l’on ressent et ce que l’on montre, c’est ce qu’on appelle la dissonance émotionnelle et on en paie le prix fort.»
Réguler ses émotions ne consiste pourtant pas à tout enfouir. «C’est un peu l’image de la cocotte-minute: si l’on garde tout à l’intérieur, cela finit par sortir ailleurs.»
Arnaud Muller, formateur & cofondateur de CIEL
La première étape consiste à repérer les signaux – une mâchoire qui se serre, le rythme cardiaque qui s’accélère, un ton qui d’un coup devient cassant. Puis il faut mettre des mots sur ce qui se passe pour créer une première distance avec ce qui bout à l’intérieur. Quid de la manière dont on réagit à la situation? L’objectif n’est pas de nier l’émotion, mais de comprendre ce qui se cache derrière. Il n’est pas rare qu’une colère dissimule un besoin de soutien ou de reconnaissance. Cette capacité à se connaître et à interagir avec ses propres émotions comme avec celles des autres constitue, pour Arnaud Muller, le cœur de l’intelligence émotionnelle. Et contrairement à un trait de personnalité, elle peut s’apprendre. «Faire une découpe en salle ou un fond de viande, cela s’apprend. L’assertivité aussi, via des psychométriques.»
L’enjeu dépasse de loin le seul individu. Dans une équipe, l’état émotionnel du responsable joue un rôle important: un manager sous pression transmet son stress à son équipe, tandis qu’un autre qui sait instaurer un climat de confiance favorise l’autonomie et la responsabilité. D’où les quatre piliers de la méthode CARE développée par CIEL: la confiance, l’autonomie, la responsabilité et les émotions. Fondé en 2023, CIEL accompagne les cadres, dirigeants et collaborateurs d’entreprises au profil divers. «Notre pédagogie s’articule autour de modules digitaux, d’ateliers, de coaching et de situations vécues, avec un programme principal sur neuf mois. Comprendre l’intelligence émotionnelle peut aller vite; l’incarner prend du temps», dit-il. Le 5 octobre, à Lausanne, Arnaud Muller et Stefan Mühlemann donneront un aperçu théorique et pratique de leur méthode.
(Patrick Claudet)